Dans la pénombre d’un centre communautaire de Markham, des feuilles de papier agrafées circulent entre les habitants. « Le maire Frank Scarpitti doit démissionner » : telle est la revendication simple et sans équivoque qu’ils partagent tous. Malgré un ton serein, la lassitude est palpable. Après vingt ans de mandat, le fossé entre le maire et les citoyens semble s’être creusé de façon inacceptable.

Le désaccord sur l’aménagement urbain n’est pas le seul enjeu du conflit. Il persiste, et est étayé par de nombreuses décisions de justice, le sentiment que les intérêts des promoteurs priment sur ceux des résidents. Le projet de 4 500 logements du centre commercial Markville illustre parfaitement ce fossé. Bien qu’il soit présenté comme un progrès important pour la ville, beaucoup le perçoivent comme une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà saturées.
Pétition exigeant la démission du maire Frank Scarpitti (Markham)
| Élément | Détail |
|---|---|
| Ville concernée | Markham, Ontario, Canada |
| Personne visée par la pétition | Maire Frank Scarpitti, en poste depuis plus de 20 ans |
| Motif principal | Accusations de favoritisme envers les promoteurs immobiliers |
| Projet controversé | Réaménagement du Markville Mall – 4 500 unités résidentielles proposées |
| Inquiétudes communautaires | Congestion routière, écoles surchargées, manque de transparence, déclin des services publics |
| Nombre de signatures | Plus de 3 000 résidents signataires |
| Réclamation | Démission immédiate du maire |
Les voix dissidentes se sont multipliées au fil des réunions du conseil municipal. Lors d’une séance particulièrement houleuse, vingt personnes se sont opposées au projet. La salle était comble. Une pétition, forte de plus de 3 000 signatures, circulait. Malgré l’ampleur de la contestation, une décision unanime a été prise. Ce décalage entre la décision finale et la consultation publique a déclenché une vague de colère sourde mais persistante.
Un autre événement a illustré ce que certains appellent aujourd’hui un pouvoir unilatéral. Le maire a déclaré que c’était « la norme » face aux inquiétudes concernant la surpopulation scolaire, notamment l’utilisation croissante de classes préfabriquées. Bien que socialement inappropriée, cette réponse est techniquement correcte. Pour beaucoup qui espéraient un dialogue constructif, la suggestion faite aux familles de « contacter le gouvernement provincial » au lieu de proposer une solution municipale a laissé un goût amer.
L’éducation n’est pas le seul sujet de conflit. Chaque jour, des embouteillages se forment sur les principaux axes routiers de Markham, des carrefours sont dangereux et le système de santé peine à répondre à la demande. Trouver un médecin de famille est devenu un véritable parcours du combattant. Même les parcs, autrefois paisibles, sont désormais bondés, parfois même saturés.
Certains estiment que le long mandat du maire constitue un frein à la revitalisation de la ville, compte tenu de ces signes de stagnation. D’autres, plus réalistes, reconnaissent son expérience, mais déplorent le manque de créativité. Plusieurs habitants comparent la situation actuelle de Markham à celle de Scarborough dans les années 1970 : un point de rencontre entre la vétusté des infrastructures et le dynamisme urbain.
En relisant les témoignages des signataires, je me suis souvenu de cette journée de 2014 où, assis sur un banc au coin de Wootten Way, j’avais noté mes observations sur le quartier et constaté combien la rue y était plus calme qu’aujourd’hui.
Ce manque de transparence est plus préoccupant que le vacarme de la circulation et les problèmes d’urbanisme. Il n’existe pas de registre des lobbyistes à Markham. Il est donc difficile de déterminer précisément qui influence quoi et quand. Cette situation crée une ambiguïté importante pour une ville en pleine expansion. Nombreux sont ceux qui doutent que leurs élus les représentent réellement.
Les détracteurs les plus virulents affirment que la mairie et certains promoteurs ont conclu une sorte d’accord tacite. Ils soulignent que le maire a mis fin aux négociations en augmentant le nombre de logements dans le projet du centre commercial Markville – de 4 340 à 4 500 – au lieu de négocier une réduction. Un détail, certes, mais qui a été jugé significatif dans ce contexte précis.
Cependant, le rejet n’est pas le seul moteur de cette pétition. Elle témoigne d’une réelle volonté de transformer la ville. Les forums citoyens organisés depuis janvier montrent une participation croissante. Certains proposent un budget participatif. D’autres recommandent d’améliorer les procédures de consultation ou d’instaurer des quotas de développement.
Les commerçants locaux, également concernés par ces changements, se disent favorables à une meilleure consultation. Ils sont conscients qu’une ville où la prise de décision est transparente et ouverte attire davantage d’investisseurs à long terme et contribue à une économie plus robuste.
Ce mouvement pourrait bien marquer un tournant. Elle appelle à un avenir municipal plus ouvert, inclusif et, surtout, à l’écoute des citoyens, qui reflète plus fidèlement leurs attentes plutôt que de simplement rejeter la situation actuelle. En définitive, les signataires ne réclament pas la perfection.