Par un bel après-midi de printemps, un groupe de jeunes militantes s’est rassemblé devant un immeuble de bureaux du centre-ville. Leurs banderoles flottaient au soleil, telles des drapeaux portés par un flot continu et respectueux. Elles n’étaient pas là pour critiquer le travail en soi, mais pour soulever une question cruciale : les menstruations devraient-elles être officiellement reconnues comme un motif valable de congé dans le cadre du règlement intérieur de l’entreprise ?

Grâce au soutien d’un groupe de jeunes activistes, d’experts médicaux et de défenseurs de l’inclusion, cette campagne a pris de l’ampleur. Le concept est étonnamment simple : instaurer une politique de congé menstruel en entreprise qui reconnaisse la réalité physique à laquelle de nombreuses personnes sont confrontées chaque mois. Cependant, la simplicité peut masquer la complexité, et ce débat a soulevé des questions de vie privée, de justice et de mise en œuvre concrète.
Mobilisation pour un congé menstruel obligatoire en entreprise
| Élément principal | Détail |
|---|---|
| Sujet | Revendication pour un congé menstruel obligatoire au travail |
| Porteurs du mouvement | Jeunes militants, professionnels de santé, défenseurs de l’inclusion |
| Pays ayant une législation | Espagne, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Indonésie, Taïwan, Zambie |
| Arguments des partisans | Santé, équité, adaptation inclusive au lieu de travail |
| Inquiétudes soulevées | Risques de discrimination, atteinte à la vie privée, stigmatisation potentielle |
| Alternatives proposées | Flexibilité menstruelle : télétravail, horaires aménagés, salles de repos |
| Objectif général | Reconnaître les besoins biologiques dans les politiques RH et améliorer le bien-être salarié |
Le congé menstruel est déjà en vigueur dans quelques pays du monde, et chaque modèle est unique. Par exemple, en Espagne, les travailleuses ont droit à trois à cinq jours de congé payés par mois, pris en charge par la sécurité sociale, en cas de symptômes sévères et sur présentation d’un certificat médical. De nombreux militants évoquent avec intérêt et respect la norme de trois jours de congé payés par mois pour les employées au Vietnam.
Cependant, toutes les politiques ne se valent pas. Au Japon, une réglementation de 1947 autorise un congé pendant les menstruations si le travail s’avère « particulièrement difficile », mais en raison de la stigmatisation culturelle, ce congé est rarement utilisé et souvent sous-payé. En Corée du Sud, une journée sans solde est offerte chaque mois, avec possibilité de compensation si elle n’est pas prise. À Taïwan, trois jours par an à 50 % du salaire sont disponibles sans incidence sur les congés maladie. En Zambie, une méthode moins formelle – considérée par beaucoup comme plus humaine – accorde une journée par mois sans préavis ni justificatif médical.
Ces nombreux exemples montrent que le congé menstruel peut être instauré de manière flexible, avec des réglementations adaptées aux différentes économies et cultures, et ils offrent matière à réflexion. Les défenseurs de cette mesure soulignent que l’objectif est d’encourager une flexibilité au travail qui prenne en compte le bien-être physique et qui dépasse les conceptions obsolètes d’un horaire de travail unique, plutôt que de reproduire fidèlement un modèle existant.
Lors d’une récente table ronde sur la santé au travail, un intervenant a comparé le congé menstruel à l’aménagement ergonomique d’un poste de travail pour une personne souffrant de douleurs dorsales chroniques : « On ne remettrait pas en question le besoin d’une pause pour un collègue qui s’est fait mal au dos ; pourquoi les processus biologiques mensuels devraient-ils être traités différemment ?» Ce parallèle a trouvé un écho chez de nombreux participants, soulignant combien les idées reçues sur l’efficacité peuvent ignorer la réalité humaine.
En demandant aux employeurs de considérer les variations de santé comme un élément d’une gestion compétente, ce point de vue remet en question les conventions établies au travail. Il s’agit d’aménagements raisonnables, permettant aux personnes de travailler au mieux sans inconfort ni interruption inutiles, et non d’un traitement de faveur.
Ces discussions soulèvent également, de manière plus discrète, la crainte que le congé menstruel obligatoire n’ait un effet contre-productif pour les travailleuses qu’il est censé soutenir. Les critiques craignent que l’instauration d’un tel congé ne perpétue, paradoxalement, l’idée que les travailleuses menstruées sont moins fiables ou plus coûteuses à embaucher. Cette crainte n’est pas que théorique ; Des recherches sur différents types de congés ont démontré que, même avec les meilleures intentions, des règles bien conçues peuvent parfois entraîner une discrimination involontaire si elles ne sont pas correctement élaborées.
La question du respect de la vie privée est un autre problème. Certains craignent qu’obliger les employées à divulguer leurs besoins menstruels à la direction n’introduise des problèmes de santé personnels dans des environnements de travail auparavant neutres, exposant ainsi les employées à des critiques ou à un malaise. Face à ce constat, de nombreux partisans se tournent vers des solutions alternatives privilégiant la flexibilité aux exigences strictes en matière de congés.
Les règles de flexibilité menstruelle offrent aux employées un choix d’options, telles que des horaires de début et de fin de travail flexibles, le télétravail les jours difficiles ou l’accès à des espaces de bien-être pour se ressourcer. Reconnaissant la diversité des besoins de santé et respectant la vie privée et la liberté individuelle, ces aménagements peuvent s’avérer très utiles. Sans perturber le fonctionnement de l’entreprise, plusieurs sociétés innovantes qui testent de tels modèles affirment avoir constaté une nette amélioration du bien-être et du moral de leurs employées.
Un programme pilote mené dans une entreprise zurichoise proposait aux employées diverses alternatives flexibles, comme des pauses bien-être planifiées et des journées de télétravail spontanées. La directrice des ressources humaines a qualifié les résultats de « remarquablement efficaces », soulignant une baisse notable des absences imprévues et une hausse de l’engagement des employés. Elle a affirmé que les employés se sentaient « reconnus et respectés », un facteur qui a un impact significatif sur la culture d’entreprise, même s’il est difficile à quantifier.
Par ailleurs, cette discussion aborde des questions plus générales d’inclusion et d’égalité des genres. Le congé menstruel est perçu par les jeunes générations comme un élément important.